Lâchez prise… Lisez…

AVIS à mes LECTEURS…Que vous soyez fidèles au livre papier ou fan du numérique, Ce QUI DONNE SA VOIX à UN LIVRE, C’est Vous et Seulement….

Mais, car il y a toujours un mais… à condition qu’il vous tombe dans le cœur plutôt que dans ou des mains. Souvent, j’entends dire qu’il faut s’adapter au lectorat que l’on vise, le définir pour mieux l’appâter, ce qui à mon sens n’est ni plus ni moins tomber dans le même travers que bien des auteurs, indépendants ou non, reprochent aux grands groupes éditoriaux, les maisons d’éditions n’étant que plus des vitrines de produits prêts à consommer et à oublier aussi sec. Un lecteur formaté est un lecteur dépossédé.

Pour un indépendant (mais pas que), être sur Amazon, c’est s’accrocher à un miroir aux alouettes. C’est l’aiguille dans la botte de foin. Un travail de Pénélope où il faut se remettre chaque jour à l’ouvrage, tisser à l’aveugle une toile éphémère et infidèle qui se barre flasher à coup de smartphones virtuels, on appelle ça des commentaires, tout ce qui passe à portée de son caddie, ou plus exactement de son panier. Se constituer un réseau est l’autre maître mal de la chose. Tapiner sur le net, butiner de groupes en groupes, y déposer son post en escomptant (souvent en vain) que le pouce bleu aille plus loin que d’y laisser la fugacité de son empreinte, via chroniques et autres masturbations propitiatoires, courir les salons et les séances de dédicaces en désespérant du temps qui s’étire et du chaland fantasque, s’afficher sur les plate-formes qui à coup de marketing compétitif te promettent monts et merveilles et bien sûr, faire de l’auto-promo qui se résume à baisser son froc en cassant les prix.

En cette aurore brouillardeuse qui enveloppe les vignes alentour, je ferme donc ma vitrine. Plus d’Amazon. Plus de numérique en ligne. Juste du papier imprimé et de l’epub sur Lulu.com/fr ou at home. Tant qu’à être écrivain indépendant, autant l’être jusque dans l’irrévérence… et faire tout soi-même de A jusqu’à Z comme l’on dit.

Mes bouquins, ceux que j’écris en prenant mon temps, sans me soucier des trompettes de la renommée, sont tous de bons et foutus livres, mais pas dans l’air du temps. Ils ne font pas rêver, ils font réfléchir ! A chacun sa pathologie ! Les Microbes de Dieu, Alzheimer…même toi, on t’oubliera, Goodbye Gandhi et maintenant le petit dernier La démocratie est un sucre qui se dissout dans le pétrole. (A venir après l’euphorie consumériste des fêtes de fin d’année)

Je suis fière de mes foutus livres, mais à trop sommeiller sur les étagères virtuelles depuis six ans, ils se demandent eux-aussi si le jeu en vaut la chandelle. « N’entre pas dans le cadre de nos collections » les ont tancés une vingtaine d’éditeurs pour les deux premiers (Les Microbes de Dieu et Alzheimer… même toi, on t’oubliera). J’ai renoncé à envoyer les autres au charbon. Ah si ! Un directeur de collection d’une vieille maison d’édition germanopratine m’a fait gentiment remarquer que Goodbye Gandhi manquait de sexe, condition sina qua non pour se convertir en produit consommable. Je l’ai envoyé se faire voir.

Bref, il est des aubes, comme celle-ci en ce petit matin de décembre 2016, où tout ceci paraît bien vain, d’une vanité honteuse quand je pense à tous ces êtres qui se désespèrent d’une bombe qui les espèrent, de la faim qui les bouffe ou du froid qui les corrode… et que l’on plie dans nos linceuls d’indifférence.

Pourquoi écrire n’est pas la question que je me pose, mais plutôt : pour qui ? Ferré s’est gouré. Les mots n’ont jamais été des armes, mais des pétards mouillés.

Si vous êtes adepte d’un pétage de plomb neuronal comme me l’a joliment dit un ami facebookien après être resté à la lecture d’un extrait de Alzheimer… même toi, on t’oubliera… « comme son chien à l’arrêt la première fois où il a vu la mer« …. laissez vous aller à la lecture. Lâchez prise et en route !